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LA LETTRE DU GOSHIN BUDOKAI  Hiver 1999

 

LE MOKUSO

 

Un cours de karaté débute et s’achève par une méditation (mokuso) en position agenouillée (seiza). Il est bon d’apporter quelques précisions sur cette pratique traditionnelle des dojos. Le terme méditation pose de nombreux problèmes car sa définition est particulièrement fluctuante et le but du mokuso n’est pas toujours bien compris.

La plupart des dictionnaires définissent le verbe méditer ainsi : « soumettre un sujet à une longue et profonde réflexion ». Ainsi, dans son acception courante, la méditation porte-t-elle sur un sujet déterminé. Cependant, certaines formes de méditation visent des objectifs plus ambitieux : recherche de la Vérité, de l'Illumination, de la Transcendance, etc. En fait, l'individu confronté à la réalité de la vie doit résoudre des millions de problèmes. Il est impossible de les résoudre un à un et c'est pourquoi la majorité des gens se sentent accablés par d'innombrables soucis dont ils n'entrevoient même pas la solution. Or, il est universellement reconnu que la source de nos déconvenues, frustrations et autres conflits est en nous. La méditation est donc une introspection qui permet de voir et de comprendre sans entrave comment cela fonctionne dans notre esprit. Quand la vérité de notre monde intérieur s'affiche dans sa cruelle réalité, la solution nous illumine de son évidence.

Le karaté est historiquement très lié au zen (branche du bouddhisme essentiellement fondée sur la méditation et une grande application dans tous les gestes de la vie courante). Les samouraïs ont été séduits par cette recherche d’absolu du zen car elle leur permettait d’améliorer dans de larges proportions leur efficacité au combat. Ce sont d'ailleurs tous les arts martiaux ou culturels japonais qui ont développé une étroite collaboration avec le zen. Mais si tous ont tiré avantage de cette attention méticuleuse portée à la gestuelle de leur art, certains, grâce à la méditation, sont parvenus à un état d'esprit d'une totale sérénité même dans les situations les plus périlleuses. On voit bien là tous les avantages qu’un pratiquant d’art martial peut tirer de cette force intérieure.
Quelle peut être la portée d’une technique apprise au dojo si le karatéka a peur, se laisse distraire, hésite ou ne domine pas l’analyse d’une situation ?

Le mokuso est donc l’instant où le karatéka s’exerce à la maîtrise de son esprit en éliminant la plupart des perturbations physiques liées au contact avec l’environnement.

« Observez cette fleur » demande le maître. Quelques instants plus tard, le disciple s’aperçoit que son esprit s’est échappé ; il ne voit plus la fleur, il pense à autre chose.

Fixer son esprit sur un sujet et ne pas en dévier ou ne former aucune pensée en l’absence d’une question, tel est le but du mokuso car c'est bien l'agitation permanente de l'esprit qui constitue la pierre d'achoppement. Et attention aux pièges tels que l’idée « je ne pense à rien » qui est une pensée, ou « je ne vois que du noir » qui est une image (noire), quand on prétend ne former aucune image dans son esprit. D’autre part, l’arrêt de la pensée ne signifie pas que l’on est déconnecté du monde. Les sens fonctionnent, on entend, on sent, on voit si les yeux sont ouverts, mais ces perceptions ne déclenchent pas de réflexion.

Difficile ! Certes. Mais il existe une méthode qui simplifie l’accès à ce nirvana.

En seiza, les yeux fermés, concentrez-vous sur votre respiration, sentez le trajet de l’air à l’inspiration puis à l’expiration. Expirez très lentement, vérifiez que cet exercice ralentit les battements de votre cœur. Laissez enfin votre respiration s’effectuer naturellement tout en continuant à l’observer. Vous percevez votre cœur, votre respiration, les bruits ambiants ; vous êtes calme, serein. Vous vous sentez proche du sommeil mais sans fatigue et pourtant vos sens font preuve d’une acuité inhabituelle... Vous y êtes : bravo !

Toutefois, quelques minutes de méditation par semaine ne sauraient guère vous conduire à la sagesse ou à l'illumination. Pour obtenir un résultat sensible, il faut vous entraîner à observer tous les événements de l'existence sans les juger, sans entrer dans des cogitations oiseuses et en s'efforçant de ne pas laisser une émotion vous submerger. Quand vous y parvenez, l'observation est pure, sans artefact ; la décision qui en découle est forcément juste. Votre esprit est mushin no shin, voire mieux hishiryo ou kenshô. 

Votre persévérance dans la culture de ces états d'esprit vous permettra de réitérer cet exploit dans l'adversité la plus violente.

Bon courage !


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